Philippe Nemo ou le plaisir de se sentir intelligent.

Ma bibliothèque est dans un désordre effroyable, une chatte n’y retrouverait pas ses petits.

Une exception à cette règle cependant : le rayon tout en haut est consacré aux œuvres qui m’ont marqué depuis que je lis autre chose que le journal de Spirou. On y retrouve Toynbee, René Girard, Milton Friedman, Tocqueville, Bastiat, Jouvenel, Soljenitsyne, Revel, Sauvy et bien d’autres encore.

Depuis que L’IDL existe, deux livres ont rejoint ce « panthéon », ce qui est peu compte tenu du nombre de livres que j’ai lu dans les cinq ou six dernières années, et j’ai fait pour chacun d’entre eux une recension au bénéfice des lecteurs.

Il s’agissait de:

  • « Ils ont acheté la presse de Benjamin Dorman» chez Jean Picolec, dans lequel l’auteur montrait  que la presse et les media avaient été acheté tout à fait officiellement en France par des milliardaires souvent de gauche mais toujours proches du pouvoir, tout en étant subventionnés à hauteur de  centaines de million d’euro par an par l’état… ce qui ne surprend plus personne dans notre beau pays.
  • « Rome, du Libéralisme au Socialisme» de Philippe Fabry, chez Jean-Cyrille Godefroy, passionnant exercice qui nous faisait comprendre comment la Rome antique était passée de l’état de Droit au droit de l’état.

Un troisième livre va connaitre cette promotion verticale et il s’agit de « Philosophie de l’impôt», de Philippe Nemo aux Presses Universitaires de France, où il va rejoindre « Qu’est que l’Occident » du même auteur qui est vraiment un ouvrage que tout «honnête homme» devrait avoir lu.

Philosophie de l’impôt va donc rejoindre les étages supérieurs où se situent mes amis, c’est à dire les livres que je ne veux pas avoir à chercher quand j’ai envie de les relire dans les moments où le désespoir me gagne tant le monde est par trop encombré de médiocres.Et du coup, je me suis posé la question suivante : Qu’est qui m’amène à décider que tel ou tel livre va rejoindre ou pas le rayon supérieur ?

Je vais essayer de répondre à cette question avant que de vous parler de cet ouvrage.

Dans le fond, la lecture est un dialogue entre un auteur qui a vraiment quelque chose à dire et un lecteur qui a vraiment envie d’écouter. Beaucoup de livres sont écrits par des «mondains» à la plume facile et ils sont souvent fort agréables à parcourir. Mais ils ne changent pas votre vie. Et puis de temps en temps, souvent par hasard, l’on tombe sur un auteur qui se met à « vivre » en vous. Les idées nouvelles qu’il a apportées se mettent à germer et à croitre dans votre cerveau au point que cela en devient parfois gênant tant elles peuvent devenir envahissantes. Rien de surprenant dans ce phénomène puisque cela veut dire que notre système de croyances et de certitudes est en train de se réorganiser lentement mais surement. Et ce processus est extrêmement pénible mais oh combien nécessaire pour quiconque ne veut pas mourir.

Et, en y réfléchissant bien, j’aurais tendance à classer le dernier étage de ma bibliothèque en quatre rayons.

La suite sur l’Institut des Libertés

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La décadence de la sciences économique continue

En 1979, Henri Guitton (1904-92) a publié un livre intitulé De l’imperfection en économie où il ne citait pas un texte de Friedrich von Hayek (1899-1992) intitulé “Nature et historique du problème” – publié dans L’économie dirigée en régime collectiviste (1939) au premier chapitre, – quoique certains de ses propos s’en inspirassent … tacitement.

Nous approchons de 2019, tout ce qu’a écrit Hayek alors, il y a quatre-vingts ans, est d’une actualité brûlante.
On ne peut pas en dire autant du livre de Guitton.

1. La décadence de la science économique.

Rappelons la structure du texte de Hayek :

1. Ignorance du problème
2. Problèmes économiques et technologiques
3. La décadence de la science économique
4. L’attitude du marxisme.
5. Socialisme et planisme.

6. Les différents types de socialisme.
7. Planisme et capitalisme .
8. Base de la critique moderne.
9. La guerre et ses effets sur le socialisme européen .
10. Mises, Max Weber et Brutzkus

11. Études plus récentes.
12. Buts de notre étude.

La suite sur le blog du Professeur Georges Lane

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Trois grands oublis.

1. La “loi de l’économie”.

On se serait attendu à ce que la loi de l’économie fût au départ de l’économie politique comme son expression le laisserait penser au premier venu.
Il n’en a rien été.

a. L’économie politique.

D’où vient l’économie politique ?

… C’est en 1615 que l’Économie politique a reçu pour la première fois le nom sous lequel elle est aujourd’hui connue, dans un livre français, le Traicté de l’OEconomie Politique, par Antoine de Montchrétien. (Gide, 1931, p.15)

après que Jean-Baptiste Say en 1815 avait précisé que :

“Qu’est-ce que nous enseigne l’économie politique ?

Elle nous enseigne comment les richesses sont produites, distribuées et consommées dans la société.”
Tout cela est bel et bon, mais Say en était arrivé aussi à mettre l’accent
– sur le gouvernement de l’Etat d’un pays et
– non pas sur la valeur, les richesses, les choses, etc. que les gens cernaient ou produisaient, valorisaient et échangeaient, étant donné la nature, la réalité, où ils se trouvaient et dont chacun ne pouvait qu’avoir une connaissance limitée (cf. ce billet d’août 2017) .

Et le fil conducteur de la valeur a été rompu.

Dans le livre intitulé Recherches sur les principes mathématiques de la théorie des richesses 1838, il y a donc 180 ans, Antoine Augustin Cournot précisait :

“La science a laquelle on donne le nom d’Economie politique, et qui a si fort occupé les esprits depuis un siècle, est aujourd’hui plus répandue que jamais.

Elle est entrée avec la politique proprement dite en partage de ces grands journaux qui sont le plus puissant instrument de publicité ;
mais on a tant été fatigué de théories et de systèmes, que maintenant on veut, comme on dit du positif, c’est-à-dire dans cette matière, des relevés de douance, des documents statistiques, des renseignements administratifs, propres à éclairer par l’expérience ces questions importantes qui s’agitent devant le pays, et auxquelles toutes les classes de la société sont si directement intéressées.”

La suite sur le Blog du Professeur Georges Lane

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Gérard Dréan : la révolution monétaire

Gérard Dréan, spécialiste de l’école autrichienne d’économie, membre de la Société d’économie politique et chargé de mission à la Fondation de l’École Polytechnique (dont il est issu), ayant passé une trentaine d’années chez IBM, nous a exposé les tenants et les aboutissants de l’actuelle révolution monétaire

 

 

 

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Code du travail : (très) loin d’une grande réforme

A force de vouloir satisfaire des syndicats non représentatifs, les mesures annoncées par le gouvernement français sont insuffisantes et ne vont probablement pas libérer le marché du travail qui en aurait bien besoin. Une occasion ratée.

Sommaire

– Rien dans les ordonnances ne confère plus de facilités de licenciement aux entreprises

– En Allemagne, une entreprise avec moins de 10 salariés peut licencier sans indication de motifs et il n’y a pas d’indemnités obligatoires de licenciement

Rien dans les ordonnances ne confère plus de facilités de licenciement aux entreprises

Certes, il y a des points positifs concernant la limitation à 12 mois du délai de recours devant les prud’hommes, la limitation des cas de remise en cause des accords pour vice de forme, la possibilité de négocier sans syndicats dans les entreprises de moins de 50 salariés, la facilité du recours au référendum d’entreprise et la fusion des instances représentatives du personnel.
Mais l’extension des ruptures conventionnelles à des procédures collectives encouragera les abus que permettent déjà trop souvent les ruptures conventionnelles individuelles. Le plafonnement des indemnités prud’homales est compensé par la hausse des indemnités de licenciement de 25 %, ce qui est beaucoup. Globalement, les entreprises seront perdantes car elles supportent, heureusement, beaucoup plus de licenciements au minimum que de ruptures plus douloureuses devant les tribunaux. La négociation élargie dans les petites entreprises entre la direction et le personnel est une bonne chose mais le renforcement du rôle des branches dans plusieurs domaines, notamment concernant les CDD et les CDI de chantier, ne va pas forcément donner de l’air aux entreprises. On peut même dire qu’il s’agit de plus de pouvoirs accordés aux syndicats grâce aux accords de branche. Et c’est précisément la seule chose que les syndicats voulaient car ils vivent de ces accords de branches renégociés sans fin et c’est ce qui accroît leur pouvoir au détriment des salariés.

La suite sur l’IREF

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Ce que ne voient pas les détracteurs du libéralisme

Par Guillaume Moukala Same.

À l’aube de ce nouveau mandat, mes pensées vont à la jeunesse révolutionnaire qui, en quête d’un changement radical, s’est laissée séduire par la démagogie. Parmi leurs maîtres à penser, Noam Chomsky, dont le documentaire Requiem for the American Dream1  m’a inspiré cet article.

Bien que ce documentaire soulève de vraies questions comme les crises financières, la concentration du pouvoir, la corruption, la mobilité sociale, la pauvreté, et bien d’autres, ces réflexions nourrissent la haine à l’encontre du libéralisme.

L’ERREUR ANTI-LIBÉRALE

Je ne m’attarderai par sur le caractère irréalisable voire totalitaire de l’idéal chomskyen d’une société libre où tout est soumis à un « contrôle participatif et démocratique », ce n’est pas le sujet de cet article. Je tenterai plutôt d’expliquer pourquoi tourner le dos au libéralisme en réponse à l’observation qu’on peut faire du monde aujourd’hui est une erreur.

Je ne dis point là que le monde est parfait ni qu’il n’y a aucune raison de s’indigner. Bien sûr qu’il y en a et bien sûr que tout n’est pas au mieux dans le meilleur des mondes.

Néanmoins, il me semble que toute la réflexion qui s’étale sur des siècles dont nos sociétés libres et prospères sont le fruit est de plus en plus malmenée, au point qu’on en oublie les révolutions conceptuelles et philosophiques qui ont forgé l’identité de notre civilisation.

Je tiens donc ici à rappeler les leçons que les penseurs occidentaux ont tiré de l’histoire pour que le génie incompris du libéralisme obtienne la reconnaissance qu’on lui doit.

La suite sur Contrepoints

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Des oublis, volontaires ou non…

Il est un fait que l’homme ignore en partie la réalité, économique ou autre, où il vit, dont il est un élément, et dont il essaie de s’échapper par la pensée ou par ce qu’il dénomme la « science ».

Libre à lui de croire ou d’avoir conscience que, par ses découvertes ou ses inventions (innovations), il amoindrit l’ignorance et affermit la connaissance acquise.

Il a toujours en face de lui le socialiste qui n’a que faire de tout cela, pour qui est seul important ce qu’il dénomme “inégalité entre les gens”, sa certitude supportée par des statistiques du moment et des moments passés, et qui demande aux hommes de l’état de la réduire … à l’égalité par les pires moyens, en dépit des privilèges étatiques qu’il voit d’un bon œil, à commencer, en général, par les siens dont il ne parle pas.

1. Sans ignorance de la réalité, pas de savant, pas d’action humaine.

L’économie subjectiviste a pour point de départ les notions d’ignorance et de temps… (cf. O’Driscoll et Rizzo (1996), The Economics of Time and Ignorance, 1ère édition 1985)

Je laisserai de côté la notion de temps (cf. ce billet de juin 2017) pour mettre l’accent
– non pas sur celle de l’ignorance (cf. billet d’avril 2017) … ignorée en général car l’auteur se situe dans un contexte de certitude ou d’incertitude tout en confondant ignorance et incertitude … (cf. texte de Greenspan, 2000 sur la technologie de l’information : “…expansion of knowledge and its observe, reduction of uncertainty”),
– mais sur celle de la connaissance limitée

 

La suite sur le Blog du Professeur Georges Lane

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