On ne peut renforcer une économie en falsifiant les taux d’intérêt

La Fed tout comme la BCE vole au secours des marchés à coup de taux négatifs et d’assouplissement monétaire… une situation de plus en plus inquiétante, qui ne fait qu’encourager le surendettement.

Par Bill Bonner.

Les banques centrales sont prêtes à tout pour lutter contre la tendance baissière. Un combat hélas perdu d’avance…

N’ALLEZ PAS CONTRE LA FED

Aux Etats-Unis, les choses deviennent de plus en plus curieuses.

Les investisseurs sont titillés par la pensée d’un accord commercial avec la Chine. Cela vient s’ajouter à la Fed qui – dans le sillage d’une économie qui se détériore – semble prête à passer à l’Erreur n°3 avant même d’en avoir terminé avec l’Erreur n°2.

Vous vous rappellerez que l’Erreur n°2 consiste à augmenter les taux d’intérêt pour tenter d’adoucir les dommages causés par l’Erreur n°1 (maintenir les taux trop bas pendant trop longtemps). L’Erreur n°3, quant à elle, consiste à les réduire trop rapidement pour tenter de réparer les dégâts causés par l’Erreur n°2.

“On ne lutte pas contre la Fed”, est un credo de longue date dans l’industrie financière. Si la banque centrale commet les Erreurs n°1 ou 3, mieux vaut ne pas être positionné à découvert ; si elle commet l’erreur n°2, mieux vaut ne pas être acheteur.

Les investisseurs croient que les banques centrales contrôlent les prix des actions – ce qui est bien entendu le cas… jusqu’à un certain point.

La Fed quant à elle ne peut pas contrer les profonds courants de la fortune économique. Le flot montant d’espoir et d’optimisme qui avait commencé avec l’administration Reagan a atteint son apogée en 1999. Depuis, c’est la chute.

C’est du moins notre hypothèse.

DE L’AVIDITÉ À LA CRAINTE

Depuis, les taux de croissance du PIB ont chuté ; les revenus réels des personnes réelles ont décliné en Occident. Et une bonne partie du public a changé de point de vue – les gens n’attendent plus l’avenir avec impatience ; ils regrettent le bon vieux temps. D’un monde gagnant-gagnant à somme positive…on est revenu à un monde à somme nulle, gagnant-perdant.

De l’avidité à la crainte, en d’autres termes.

C’est ainsi que nous appelons les grands mouvements de notre jauge Dow/or. Elle a atteint un sommet en 1999 à plus de 40 (il fallait plus de 40 onces d’or pour acheter le Dow Jones). Aujourd’hui, on est à 20 environ.

La jauge est passée sous les cinq par trois fois au cours du siècle dernier. Nous sommes d’avis qu’elle aurait à nouveau atteint son rendez-vous avec le destin – moins de cinq onces d’or pour acheter le Dow – en 2009 si la Fed n’était pas intervenue.

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Un groupe de chercheurs en économie autrichienne
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