Un méfait économique.

Un faux principe économique par excellence porte sur ce qu’on dénomme les “avantages relatifs” des pays, notion déduite indirectement des quantités de travail des gens.

1. Autarcie et libre échange.

Depuis au moins David Ricardo (1772-1823), des économistes comparent “autarcie” et “libre échange” des pays et concluent à des avantages relatifs des pays quand ceux-ci ont abandonné l’autarcie, leur état initial supposé, pour le libre échange.

. L’échange.

Longtemps après Ricardo, Friedrich von Hayek (1899-1992) a expliqué le mot “échange” dans son livre intituléDroit, législation et liberté, publié d’abord en anglais dans la décennie 1970, puis dans la décennie 1980 en France, dans le chapitre 10 intitulé “L’ordre de marché ou catallaxie” dans le tome II qui est intitulé Le mirage de la justice sociale :

« Une économie, au sens strict du mot qui permet d’appeler « économie » un ménage, une ferme ou une entreprise, consiste en une combinaison d’activités par laquelle un ensemble donné de moyens se trouve affecté selon un plan unitaire et réparti entre les diverses tâches d’après leur importance respective.
L’ordre de marché ne sert nullement un tel agencement unitaire d’objectifs.

Ce qui est d’ordinaire appelé une économie sociale ou nationale n’est pas en ce sens une unité économique mais un réseau de nombreuses économies imbriquées les unes dans les autres.
Nous verrons que son ordre partage, avec l’ordre d’une économie proprement dite, certains caractères formels mais non pas le plus important : les activités d’une nation ne sont pas gouvernées par une unique échelle ou hiérarchie d’objectifs.

La croyance
– que les activités économiques des individus membres de la société sont, ou devraient être, les éléments partiels d’une économie au sens propre du terme, et
– que ce que l’on appelle communément l’économie d’un pays ou d’une société devrait être agencé et jugé d’après les mêmes critères qu’une économie proprement dite,
est la principale source d’erreurs dans ce domaine.

Pourtant, chaque fois que nous parlons de l’économie d’un pays, ou du monde, nous employons un terme qui suggère que ces systèmes devraient être conduits à la manière socialiste, et dirigée suivant un plan unique de façon à servir un ensemble unitaire d’objectifs.

Alors qu’une économie proprement dite est une organisation, dans le sens technique que nous avons donné à ce mot — c’est-à-dire un agencement délibéré d’un seul organe collectif pour l’emploi de moyens connus — le kosmos du marché n’est ni ne peut être ainsi gouverné par une échelle unique d’objectifs ;
il sert la multitude des objectifs distincts et incommensurables de tous ses membres individuels.

La confusion engendrée par l’ambiguïté du mot économie est si grave que, pour notre propos actuel, il apparaît nécessaire
– d’en cantonner l’usage strictement dans son sens originaire : celui d’un complexe d’actions délibérément coordonnées visant un seul faisceau d’objectifs ; et
– d’adopter un autre terme pour évoquer le réseau de nombreuses économies en relations mutuelles, qui constitue l’ordre de marché.

Puisque le nom de « catallactique » a depuis longtemps été proposé pour la science – qui étudie l’ordre de marché, et
– qu’il a récemment été tiré de l’oubli,
il semble tout indiqué d’adopter un mot correspondant pour l’ordre de marché lui-même.

Le terme « catallactique » a été tiré du verbe greckatallattein (ou katallassein) qui signifiait originairement, et de façon éclairante, non seulement « échanger »
mais aussi « admettre dans la communauté » et « faire d’un ennemi un ami ».
De là, l’adjectif « catallactique » a été dérivé pour remplacer « économique » afin de désigner l’espèce de phénomène dont s’occupe la science de la catallactique.
Les anciens Grecs ne connaissaient pas ce terme, et n’avaient pas de substantif correspondant ; s’ils en avaient forgé un, c’eût été probablement katallaxia.

De là nous pouvons former un mot moderne, catallaxie, que nous emploierons pour désigner l’ordre engendré par l’ajustement mutuel de nombreuses économies individuelles sur un marché.
Une catallaxie est ainsi l’espèce particulière d’ordre spontané produit par le marché à travers les actes de gens qui se conforment aux règles juridiques concernant la propriété, les dommages et les contrats.” (Hayek, 1986, pp. 129-131).
Il est à souligner que, dans ce texte de Hayek, il est tacite que l’échange des droits de propriété sur les choses est libre et que le libre échange recouvre, en particulier, la liberté des gens de changer de pays.

La suite sur le Blog du Professeur Georges Lane

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Un groupe de chercheurs en économie autrichienne
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