Réflexion contemporaine

Louis BAUDIN. L’empire socialiste des  INKA, 1928, Paris, Institut d’ethnologie

 

Les chroniques nous apprennent en effet qu’à la mort du souverain un conseil de hauts fonctionnaires et de savants se réunissait et examinait la vie du défunt. S’il estimait qu’elle avait été profitable à l’Empire, il faisait appeler les poètes et leur enjoignait de conserver le souvenir des actes du monarque disparu pour les transmettre à la postérité ; dans le cas contraire, le nom seul du souverain était mentionné sans aucun commentaire. Jamais histoire officielle ne fut établie avec plus de rigueur. Une fois que l’élite avait prononcé son verdict, le souvenir de l’Inka était maintenu ou aboli ; le peuple ignorait désormais ceux des maîtres qui n’avaient pas su demeurer à la hauteur de leur tâche : l’oubli était la sanctiondes actions jugées mauvaises accomplies par un chef, que même une fois mort, nul indien n’avait le droit de maudire…….

C’est là un procédé ingénieux pour présenter à la postérité une liste de souverains dignes d’admiration. Si nous adoptions de nos jours un système identique, l’histoire contemporaine serait étonnement raccourcie.

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