Valeur des biens et coûts de production

Le passage suivant cherche à expliquer les cas dans lesquels les prix peuvent être déduits des coûts de production. C’est sur cet extrait que s’appuie George Reisman, qui le reproduit dans le chapitre 10 de son récent traité d’économie (“Capitalism”, Jameson Books, 1046 pages) pour exposer pourquoi le mécanisme de fixation des prix ne suit pas le schéma d’égalisation des utilités marginales (exposé dans de nombreux textes d’introduction à l’économie, par exemple celui de Samuelson et Nordhaus).

Reisman fut un ancien élève de Ludwig von Mises (il fut son plus jeune élève avec Ralph Raico) et d’Ayn Rand (qui lui fut présentée par Murray Rothbard, qu’il fréquentait au sein du “Cercle Bastiat”. Reisman rompit avec Rothbard pour rester avec Rand, les deux anciens amis ayant plusieurs points de désaccord en économie et en politique). Il essaie dans son ouvrage de réconcilier la philosophie objectiviste de Rand, l’approche économique de Mises, mais aussi certaines vues classiques de Ricardo (ce qui n’avait pas plu à Mises, voir la préface du livre de Reisman, d’où j’ai également tiré les renseignements figurant plus haut ) !

Reisman soutient ainsi que, pour des biens avec une demande très inélastique (il prend pour exemple les cigarettes), les prix peuvent légitimement se calculer par les coûts de production (et non en égalisant les utilités marginales), et que les hausses de taxes peuvent ainsi être répercutées sur les prix par une hausse de ces derniers (p. 413). Ceci sans renoncer à l’approche autrichienne.

Outre le livre de Reisman déjà cité, le lecteur pourra confronter ses idées sur la possibilité d’augmenter les prix suite à une hausse des taxes avec les passages de “Power and Market” de Rothbard (Institute of Humane Studies, 1970, p. 108), “L’arbitraire fiscal” de Pascal Salin (Éditions Slatkine, 1996, p. 195), ou encore “Action et taxation” de Philippe Lacoude et Frédéric Sautet (Éditions Slatkine, 1996, p. 290), ouvrages qui soutiennent que l’on ne peut pas faire passer la charge de l’impôt sur le consommateur. NdT.

[…]

Jusqu’à maintenant, la loi gouvernant la valeur des biens de production a été développée sous l’hypothèse simplificatrice que chaque ensemble de moyens de production ne peut être utilisé que pour un seul but donné. Dans la vie courante, cette hypothèse n’est que rarement en accord avec les faits. Ce sont surtout les biens de production, bien plus que les biens de consommation, qui se caractérisent par une très grande hétérogénéité. L’immense majorité des biens de production est capable de rendre des services dans plusieurs domaines productifs, certains pouvant s’adapter à des milliers de tels services productifs. Par exemple le fer, le charbon et, par-dessus tout, le travail humain. Bien sûr, nous devons tenir compte des circonstances réelles en menant nos recherches théoriques. Nous devons regarder quelles sont les modifications, s’il y en a, qui affectent la loi selon laquelle la valeur d’un ensemble de biens de production dépend de la valeur de leur produit.

La suite sur le site d’Hervé de Quengo

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Un groupe de chercheurs en économie autrichienne
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