Cécile Philippe : La théorie dite autrichienne du cycle des affaires

Grégoire Canlorbe : Vous prenez explicitement parti pour la théorie dite autrichienne du cycle des affaires dans votre dernier ouvrage. Essentiellement élaborée par Mises et Hayek, sous sa forme primitive, cette analyse voit en l’excès de l’offre de monnaie la cause ultime des phénomènes de boom et de récession. La nationalisation de la monnaie est présentée comme la source de ce déséquilibre entre offre et demande monétaires.

Pourriez-vous nous rappeler les grandes lignes du raisonnement qui sous-tend cette affirmation ? En quoi la crise dessubprimes constitue-t-elle l’illustration parfaite de la théorie autrichienne du cycle ?

Cécile Philippe : Effectivement, à l’inverse de Keynes, les économistes de l’école d’économie autrichienne voient dans les manipulations monétaires la cause des cycles économiques. Loin d’être inhérent à nos systèmes dits capitalistes, ils sont la conséquence d’un trop grand laxisme dans la création de monnaie.

Selon eux, un excès de monnaie – créé en multipliant les crédits offerts – va financer des projets d’investissement qui ne pourront pas tous être terminés, faute de ressources réelles. Au fur et à mesure que les acteurs vont s’en rendre compte, ils vont dans un premier temps chercher par tous les moyens des ressources pour finir leurs projets. Faute de les trouver, ils devront mettre la clé sous la porte. Ils se verront donc dans l’incapacité de rembourser les emprunts qui leur ont permis de se lancer dans ces aventures, menaçant ainsi la solvabilité des banques qui leur ont fait ces prêts.

La faillite d’un entrepreneur n’est pas un drame majeur pour la collectivité dans son ensemble. Elle peut être gérée assez facilement, en accompagnant l’entrepreneur concerné, ses salariés et ses créanciers.

En revanche, le problème est dû au fait qu’il arrive qu’un très grand nombre d’entrepreneurs fassent faillite au même moment. Il n’est plus question de la faillite d’un seul entrepreneur, mais d’un grand nombre d’entre eux qui font ensemble des malinvestissements. L’ampleur des erreurs ainsi commises rend impossible un atterrissage en douceur.

La suite sur l’Institut Molinari

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Un groupe de chercheurs en économie autrichienne
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